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Retour de congé maternité : que doit faire l’employeur ?

Floriane

07 novembre 2025

5 min

Le retour de congé maternité est une étape clé du parcours professionnel d’une collaboratrice — et un moment important pour l’entreprise.

Entre obligations légales, enjeux humains et réalités organisationnelles, cette phase doit être gérée avec attention pour garantir une reprise sereine, conforme au droit du travail et porteuse d’engagement.

En 2025, les obligations de l’employeur au retour de congé maternité sont plus que jamais au cœur des politiques RH responsables.

Cet article fait le point sur les obligations légales de l’employeur lors du retour de congé maternité, les droits fondamentaux de la salariée et les bonnes pratiques pour accompagner le retour.

Les droits fondamentaux de la salariée au retour de congé maternité

Réintégration sans perte de statut

Au terme de son congé maternité, la salariée a le droit absolu de retrouver son emploi ou un poste équivalent, assorti d’une rémunération au moins identique.

L’employeur ne peut modifier unilatéralement ni les conditions de travail, ni le niveau de responsabilité, ni la classification du poste.

Cette obligation de l’employeur au retour de congé maternité garantit la continuité du parcours professionnel, sans perte de statut ni déclassement.

Autrement dit :

  1. la salariée retrouve son ancien poste si celui-ci est toujours disponible ;
  2. à défaut, un poste “équivalent” doit lui être proposé, avec les mêmes avantages, statut et évolution potentielle ;

Tout déclassement, changement défavorable (ex. : missions dévalorisées, perte de responsabilités) ou modification unilatérale du poste serait considéré comme discriminatoire.

💡 Bon à savoir : les droits liés à l’ancienneté, aux congés payés et à la progression salariale continuent de s’appliquer pendant le congé maternité.

Protection contre le licenciement

Durant les 10 semaines suivant le retour de congé maternité, la salariée bénéficie d’une protection contre le licenciement.

Seules deux exceptions peuvent justifier une rupture de contrat pendant cette période :

  1. une faute grave indépendante de la maternité ;
  2. ou l’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la grossesse ou à la naissance (par exemple, cessation d’activité de l’entreprise).

Toute autre rupture serait considérée comme nulle et pourrait ouvrir droit à une réintégration et/ou à des dommages et intérêts.

Ces obligations de l’employeur lors du retour de congé maternité sont fondamentales pour protéger la collaboratrice et éviter tout risque juridique.

Les obligations légales de l’employeur

Maintien du poste ou équivalent

Le Code du travail impose le maintien du poste ou d’un emploi équivalent à la salariée de retour de congé maternité (Article L.1225-25). Cette obligation s’applique quelle que soit la taille de l’entreprise, du niveau de responsabilité de la salariée, ou la durée du congé maternité.

Bien organiser le retour de congé maternité dans l’entreprise implique donc d’anticiper cette réintégration : communication avec le manager, réactivation des accès, préparation du poste et planification de la reprise.

Chez Matern’Up, nous aidons les entreprises à organiser le retour de congé maternité grâce à un accompagnement personnalisé pour ne manquer aucune échéance légale et assurer une reprise sereine pour toutes les parties.

Égalité salariale et rattrapage

A son retour, la salariée doit bénéficier de toutes les augmentations collectives et individuelles intervenues pendant son absence.

C’est une obligation de l’employeur au retour de congé maternité visant à garantir l’égalité de traitement et la non-discrimination salariale.

Autrement dit : si des augmentations collectives ou des promotions ont eu lieu pendant le congé, la salariée doit en bénéficier rétroactivement à son retour.

💡 Exemple : si une prime annuelle ou une revalorisation générale a été appliquée durant son absence, la salariée doit en bénéficier dès sa reprise.

Respect des congés et du temps de travail

Le congé maternité est assimilé à du temps de travail effectif.

Cela signifie que :

  1. la salariée conserve l’intégralité de ses droits à congés payés ;
  2. les périodes d’absence sont comptabilisées pour l’ancienneté ;
  3. aucune modification du temps de travail ne peut être imposée sans son accord (ex. : passage à temps partiel).

Une adaptation temporaire du rythme de travail peut être discutée si la salariée le souhaite — mais elle ne peut en aucun cas être contrainte.

Réalisation de l’entretien professionnel

L’entretien professionnel de reprise est une étape obligatoire pour toutes les salariées de retour de congé maternité.

Prévu par l’article L.6315-1 du Code du travail, il doit avoir lieu dans les semaines qui suivent la reprise et permet d’aborder : 

  1. le retour à l’emploi ;
  2. les besoins éventuels en formation ou aménagement ;
  3. les perspectives d’évolution professionnelle.

Cet entretien ne doit pas être confondu avec l’entretien annuel d’évaluation : il vise à accompagner la réintégration et à soutenir le développement professionnel.

👉 Matern’Up met à disposition des modèles d’entretien et des supports de communication RH pour que cette étape soit structurée.

Visite médicale obligatoire

La visite médicale de reprise après un congé maternité est une autre obligation légale. Elle doit être organisée par la médecine du travail dans les 8 jours suivant la reprise.

Elle permet de s’assurer de la compatibilité du poste avec l’état de santé de la salariée et, si nécessaire, de recommander des aménagements.

En cas d’absence de visite, l’employeur s’expose à des sanctions administratives et à un risque juridique en cas d’incident ultérieur.

💡 Conseil RH : planifiez la visite médicale de reprise de congé maternité avant même la fin du congé, en coordination avec le service de santé au travail, , pour éviter tout oubli ou retard.

Que faire en cas de non-respect de vos droits ?

Recours internes

En cas de non-respect des droits de la salariée au retour de congé maternité, plusieurs solutions s’offrent à la salariée.

Avant toute démarche externe, un dialogue interne est toujours recommandé. A ce titre, la salariée peut solliciter :

  1. un entretien avec le service RH ou son manager ;
  2. ou le CSE (Comité Social et Économique), qui peut intervenir en médiation.

Un échange formalisé par écrit suffit souvent à résoudre les désaccords ou oublis de conformité.

Si cela ne suffit pas, la salariée peut entamer une procédure en externe.

Saisine de l’inspection du travail

Si le manquement persiste ou en cas de manquement grave (refus de réintégration, absence de visite médicale, discrimination), la salariée peut saisir l’inspection du travail.

L’inspecteur dispose d’un pouvoir de vérification du respect des obligations de l’employeur et de mise en demeure, voire de transmission au parquet en cas de non-conformité.

Procédures devant les prud’hommes

Si aucun accord n’est trouvé, la salariée peut, en dernier recours, saisir le conseil de prud’hommes pour faire valoir ses droits.

Les litiges les plus fréquents concernent :

  1. un refus de réintégration
  2. un poste modifié ou déclassé,
  3. un écart salarial ou un retard d’augmentation,
  4. ou un licenciement abusif lié à la maternité.

En cas de faute de l’employeur, les dommages et intérêts peuvent être significatifs, notamment si le manquement est qualifié de discrimination liée à la maternité.

En résumé

Le retour de congé maternité est une étape importante, aussi bien pour la salariée que pour l’entreprise, d’un point de vue humain et juridique, et qui engage la responsabilité de l’employeur.

L’employeur doit garantir la réintégration au poste ou à un poste équivalent, respecter la protection contre le licenciement, assurer le rattrapage salarial, la réalisation de l’entretien professionnel et la visite médicale de reprise.

Dimension du retourObligations de l'employeur
Réintégration de la salariéeGarantir le retour à son poste ou à un poste équivalent, avec le même statut et la même rémunération (article L.1225-25 du Code du travail).
Protection contre le licenciementRespecter la protection contre le licenciement pendant les 10 semaines suivant le retour de congé maternité.
Égalité salariale et rattrapageAppliquer toutes les augmentations collectives et individuelles intervenues pendant l’absence, dès le retour de la salariée.
Entretien professionnel de repriseRéaliser un entretien professionnel à la reprise pour évoquer le retour, la formation et les perspectives d’évolution.
Visite médicale obligatoireOrganiser une visite médicale de reprise dans les 8 jours suivant la reprise du travail.


Respecter les obligations légales au retour de congé maternité et accompagner la reprise, renforce la confiance, la fidélisation et la cohésion des équipes.

Avec Matern’Up, les entreprises disposent d’outils simples pour organiser le retour de congé maternité dans l’entreprise :

  1. suivi des échéances légales de retour,
  2. modèles RH conformes
  3. gestion de la passation et de la communication interne,
  4. accompagnement humain la collaboratrice dans un retour serein et valorisant.
Avec Matern’Up, le retour de congé maternité devient un processus fluide, conforme et humain — au service du bien-être et de la performance.